Comment le piano et la musique animent ma vie


Bienvenue sur mon blog, et merci pour votre visite !

Andantino de la Sonate D959 n°20 de Franz Schubert

6 commentaires

Présentation de l’Andantino de la Sonate D959 de Schubert

La sonate n°20 (D.959) en la majeur est une des dernières œuvres composées par Franz Schubert en 1828. Elle comprend 4 mouvements : allegro, andantino, allegro vivace, allegretto. C’est donc l’Andantino de la Sonate D959 que je vais travailler, défini par certains comme l’une des pages les plus connues de Schubert…

Ce mouvement est lui-même composé de 4 parties.
En premier lieu, présentation du thème, avec la mélodie jouée par la main droite et accompagnée main gauche par une espèce de coup de timbale régulier. Les reprises du thème sont agrémentées au fil des mesures par un contrechant.
La deuxième partie est beaucoup plus sombre. La transition se fait par un trait de la main droite, d’abord en doubles-croches, puis en triolet, et enfin en quadruples-croches, donnant une impression d’accélération. Ce procédé de changement rythmique est repris tout au long de cette partie, provoquant des ruptures qui semblent aléatoires. Mais ces ruptures guident le morceau vers du plus en plus tragique ou révolté, secoué par des trémolos. Une tempête se déchaîne.
Andantino de la Sonate D959 par Schubert

Schubert interprétant (peut-être) l’Andantino de la Sonate D959

Une nouvelle rupture conduit à la troisième partie : le calme après la tempête, mais encore ponctué par des accords d’abord plaqués, puis roulés (les éclairs et le tonnerre, pour poursuivre la métaphore…).
Le retour du thème se fait dans la quatrième partie, agrémenté cette fois d’un écho lancinant de triolet, conduisant au final.

Je trouve le thème particulièrement poignant, et rendu magnifique par ces contrechants et ces échos qui le ponctuent. La partie centrale de l’oeuvre quant à elle est très attrayante d’un point de vue technique puisqu’assez puissante. Le retour au thème, toujours pianissimo, avec ces quelques variations est encore très beau. Bref, cinq pages variées, opposant violence et sérénité, qui me permettront de commencer l’année.

Mon travail sur l’Andantino de la Sonate D959 de Schubert

Apprendre ce morceau m’a demandé 4 mois. C’est un morceau qui comprend plusieurs difficultés très différentes. La première partie est relativement simple au déchiffrage, mais demande une interprétation exigeante des nuances : faire la distinction entre les phrases en pianissimo et les phrases piano.

La deuxième partie est très technique. Certes, il n’est pas nécessaire d’augmenter trop le tempo (les deux interprétations ci-dessous sont sur ce point très différentes). Malgré tout, le déchiffrage est exigeant et les doigtés doivent être choisis judicieusement pour pouvoir enchaîner ces phrases sans accrocs. En parallèle de l’apprentissage du morceau, j’ai repris les exercices techniques sur les arpèges, qui m’ont bien aidé. C’est une partie qui demande une grande puissance, les nuances sont encore une fois particulièrement à soigner.

Le travail des deux dernières parties rejoint un peu celui de la première partie. Le déchiffrage reste assez simple, même si les déplacements sur la 3ème partie demandent de la précision. Sur la dernière partie, un petit effort est à faire sur la mise en place des différentes voix (d’ailleurs ce travail est également à faire sur la première partie). Enfin les nuances restent l’élément clé pour une interprétation réussie.

Quelques interprétations de l’Andantino de la Sonate D959 de Schubert

Interprétation de cette oeuvre par Alfred Brendel.

L’interprétation est sublime, mais qui a dit que les pianistes n’étaient pas des acteurs…? ;o)

Interprétation de cette oeuvre par Dora Deliyska.

article mis à jour le 10 janvier 2015

6 Commentaires

  1. Brendel et ses doigts chaussés, je n’ai jamais élucidé ce mystère ….

    J’ai écouté ce chef d’oeuvre de Schubert au festival des Jacobins.
    Quelle merveille !

  2. Votre analyse n’est pas juste. Ce mouvement prend la forme dite ”lied” (ABA’).

    • Merci pour cette précision. En effet, après quelques recherches, si on s’en tient aux tonalités, on est plutôt de la forme ABA’. Le découpage que j’avais retenu s’appuyait plus sur mon travail de déchiffrage et de mise en place.

  3. Bonjour il y a aussi cette très belle version de Paul Lewis:
    https://www.youtube.com/watch?v=Ejgxby7TcXI

    Et savoir aussi que cette sonate en toile de fond du très beau film Winter Sleep, palme d’or à Cannes en 2013:
    http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19545055&cfilm=220032.html

    A voir pour les amateurs de cinéma.

Laisser un commentaire